Quand une personne te dit « j'ai déjà tout essayé », elle ne te compare pas aux autres. Elle te prévient qu'elle a peur d'y croire encore une fois. Ta réponse ne doit pas prouver que tu es différente. Elle doit montrer que tu as entendu ses déceptions, et que ton accompagnement commence par là.
Que veut dire « j'ai déjà tout essayé » pour une praticienne bien-être ?
↪ À lire aussi : Coach en leadership : quand ta cliente a peur qu'on le sache
Une personne qui a déjà tout essayé est une personne qui a déjà payé, déjà espéré, et déjà été déçue. Elle a vu un ostéopathe, suivi un programme en ligne, acheté des compléments, essayé la méditation seule. Chaque fois, ça a marché un peu, puis plus du tout.
Ce qu'elle te dit, en vrai, c'est trois choses. D'abord : « je ne suis pas une débutante, ne me parle pas comme à une débutante ». Ensuite : « je n'ai plus envie de me tromper, et je ne sais plus à qui faire confiance ». Enfin, et c'est le plus important : « je suis encore là, donc je n'ai pas renoncé ». Une personne qui avait vraiment abandonné ne serait pas en train de t'écrire.
Une cliente qui a déjà tout essayé n'a pas renoncé : elle cherche encore, mais elle ne veut plus se tromper.
Pour une praticienne bien-être lancée depuis moins d'un an, cette phrase fait mal. Tu l'entends comme un doute sur ta légitimité. Ce n'est pas de toi qu'elle doute. C'est d'elle, et de sa capacité à aller mieux.
Pourquoi la rassurer ne marche pas
Le réflexe, c'est de défendre ta méthode. « Chez moi, c'est différent. » « Mon approche est plus globale. » « D'autres clientes avaient aussi tout essayé. » Chaque praticienne qu'elle a vue avant toi lui a dit la même chose. Ta promesse ressemble donc aux précédentes, et elle se ferme un peu plus.
L'autre réflexe, c'est de minimiser : « ne t'inquiète pas, on va y arriver ». Là, tu lui promets un résultat que tu ne peux pas garantir, et elle le sait. Elle a entendu « on va y arriver » avant chaque déception.
Rassurer une cliente déçue revient à lui refaire la promesse qui l'a déjà déçue.
Ce qui la touche, c'est l'inverse. Tu ne promets rien. Tu lui demandes ce qu'elle a essayé, ce qui a marché au début, et à quel moment ça s'est arrêté. Tu l'écoutes raconter chaque tentative sans la corriger. À la fin, tu reformules : « donc, à chaque fois, ça tenait tant qu'il y avait quelqu'un à côté, et ça lâchait dès que tu étais seule ». Souvent, c'est exactement ça. Et c'est exactement ce qu'un accompagnement dans la durée change.
Comment transformer ses déceptions en point de départ ?
Ses tentatives passées ne sont pas un obstacle. Ce sont les informations les plus précieuses que tu auras sur elle. Elles te disent ce qui ne lui convient pas (le programme en ligne, parce qu'elle était seule), ce qui lui a fait du bien un temps (les séances en cabinet, tant qu'elles étaient régulières), et ce qu'elle attend sans le dire (quelqu'un qui tient la durée avec elle).
Dans ton appel découverte, pose trois questions dans cet ordre :
- « Qu'est-ce que tu as essayé, et qu'est-ce qui a marché, même un peu ? »
- « À quel moment ça s'est arrêté, et que s'est-il passé à ce moment-là ? »
- « Si on ne refaisait pas la même erreur, à quoi ça ressemblerait ? »
La troisième question la fait parler de ton accompagnement à ta place. Elle décrit ce qu'il lui faut : de la régularité, quelqu'un qui l'attend, un cadre. Tu n'as plus qu'à dire : « c'est ce qu'on va faire ensemble, et voilà comment ».
L'accompagnement qu'elle n'a jamais eu est celui qui dure assez longtemps pour qu'elle n'ait pas à y arriver seule.
Ensuite, fais-lui une proposition précise et honnête. Pas « on verra au fil des séances ». Un nombre de séances, un rythme, un premier objectif modeste et visible. Dis clairement ce que tu ne promets pas. Une personne qui a été déçue reconnaît une promesse sincère à ce qu'elle a de limité.
Et si elle dit non quand même ?
Parfois, elle n'est pas prête. Elle a besoin de constater que tu ne la relances pas comme les autres. Laisse-lui la porte ouverte en une phrase : « quand tu voudras, je suis là, et on partira de ce que tu m'as raconté ». Cette phrase vaut plus qu'une relance. Elle lui montre que tu as gardé ses mots.
Il arrive aussi que ce ne soit pas pour toi. Une personne qui a vraiment tout essayé a parfois besoin d'un médecin avant une praticienne. Le dire, c'est aussi ce qui te distingue de tout ce qu'elle a vu avant.
En résumé
« J'ai déjà tout essayé » est la phrase d'une personne qui cherche encore. Elle ne te demande pas de la convaincre. Elle te demande de l'écouter mieux que les autres, de ne rien promettre d'impossible, et de tenir la durée avec elle. Si tu veux apprendre à mener ces appels découverte sans forcer, tu peux réserver un appel.



